Jeanne la Facétieuse !

Depuis plusieurs années nous ne craignions plus la pluie. Ce dimanche 13 mai 2007, à Paris, nous faisions grise mine sous l’ondée. A 8h30, Jeanne semblait verser des larmes. Il y avait de quoi…
Mais devant ses enfants fidèles, ses enfants de toujours, le sourire lui est revenu !

Et vers 10h00, le Cortège traditionnel pouvait prendre le départ…

Oui, Jeanne pouvait bien verser quelques larmes. Dans la campagne  électorale des semaines passées, la sainte de la patrie avait été invoquée comme jamais, comme jamais pendant une campagne électorale s’entend…

Les deux finalistes de la course à la grande chaise percée l’avaient prise à témoin. Et puis après ?

Rien !

Un défilé comme les autres ? Non ! Depuis près de cent ans, ses enfants fidèles, autour de l’Action française, entendaient bien lancer dans ce dimanche parisien : « Honneur à Jeanne ! »

Le cortège pouvait partir sereinement, parapluies fermés, et les Manants du Roi, une fois de plus, répondaient  présents !

Perceval et Vartot

Les conversations  entre les amis retrouvés cessaient et s’ouvraient à nous la « voie » Royale…

Maître Elie Hatem et Portemont

Trois générations unies dans le même respect, dans le même amour pour la sainte de la patrie, se mettaient en marche.

Michel Fromentoux, Directeur de l’Institut d’Action Française ouvrait le cortège derrière la grande banderole en compagnie de Madame Claire Vlach représentant le Rassemblement pour l’Indépendance et la Souveraineté de la France (le R.I.F.) et de Madame Françoise Zemmal, proche collaboratrice du général Pierre Marie Gallois.

Et tous les amis suivaient, les plus anciens retrouvant leurs jambes de vingt ans, portés par l’enthousiasme des étudiants d’Action Française !


Et Pierre ? Pierre Pujo, infatigable lutteur, était bien sûr parmi nous.

Il marchait de cœur avec nous tous. Nous savions qu’il attendait le cortège, Place des Pyramides.

Aussi, cette année, avons-nous marché un peu plus vite que les années précédentes !

Et Jeanne, Jeanne bergère à cheval, la belle Jeanne de Frémiet nous attendait sous le soleil renaissant.
Quant à Jeanne "la Manante", elle n'aurait lâché la bannière pour rien au monde !

Et Pierre Pujo, directeur de l’Action Française 2000 et président du Centre Royaliste d’Action Française pouvait ouvrir le temps des allocutions :


Cortège Jeanne d’Arc 2007

Le Cortège de Jeanne d’Arc qui aboutit chaque année place des Pyramides a été fondé par l’Action Française et les Camelots du Roi il y a un siècle. Il a été constamment maintenu par eux.

Ce cortège réunit des royalistes mais aussi des patriotes français d’autres obédiences politiques. Jeanne d’Arc est « le symbole du patriotisme français » selon les termes de la loi qui a institué sa fête nationale en 1920.

Au cours de la campagne présidentielle que nous venons de vivre, plusieurs candidats se sont réclamés de Jeanne d’Arc. Et c’est bien ainsi, même si c’est fugitif. Aucun d’eux cependant n’a déposé de fleurs ce matin au pied de la statue, pas même celui qui a remporté l’élection.

« Passé le danger, on oublie la Sainte » dit le dicton. Cela jette un doute sur la sincérité des politiciens qui ont célébré Jeanne d’Arc pour obtenir les suffrages des Français patriotes.

Au delà des discours électoraux, Jeanne d’Arc doit inspirer le combat des Français patriotes  pour que la France préserve sa souveraineté, c’est-à-dire la liberté de son destin. Nous devons être particulièrement vigilant au cours des prochains mois à l’égard de ceux qui voudraient absorber notre pays dans une Europe supranationale. Comme l’a dit Charles  Maurras :
« De toutes les libertés humaines, la plus précieuse est l’indépendance de la patrie ».

Pierre Pujo

Chaque année, Pierre Pujo le rappelle :  Honorer Jeanne d’Arc, c’est l’affaire de tous les patriotes français de quelque obédience politique que ce soit.

Madame Claire Vlach  représentait  le  R.I.F.  :


Jeanne d’Arc

En un temps où la France est menacée   de relance du Traité Constitutionnel  qu’elle a rejeté démocratiquement voici deux ans, traité qui achèverait de l’assujettir à la bureaucratie totalitaire  de Bruxelles; alors que se profile, derrière des apparences de prospérité  factice, une faillite financière généralisée sur le modèle argentin, tandis que les banlieues  de non-droit  ne reconnaissent  plus que l’autorité des imams et des trafiquants de drogue ; enfin,quand  les coeurs français se vident  de leur foi chrétienne  pour le plus grand  profit d’une religion étrangère qui fut toujours l’ennemie de l’Europe, alors, submergés par l’énormité des menaces qui pèsent sur notre pays, nous ne pouvons plus espérer qu’en un miracle.

Or ce miracle s’est déjà produit en 1429, lorsque Dieu nous donna Jeanne d’Arc, dans une situation presque aussi  désespérée  que la nôtre : la France était occupée par des troupes étrangères, divisée par la guerre civile, ramenée à la barbarie par la violence.

Par Jeanne, Dieu s’est prononcé pour la survie de notre patrie, et il faut nous raccrocher de toutes nos forces à l’idée qu’en dépit de nos infidélités présentes, les dons de Dieu sont sans repentance.

Par Jeanne, Dieu s’est prononcé pour la Nation : il est bon de s’en souvenir, alors que nous sommes aux prises d’une révolution mondialiste visant à détruire les nations et les familles. Par Jeanne, nous pouvons espérer que la « Vesta Dei pers Franco »n’a pas pris fin en ce début du XXe siècle, que la France a encore vocation à se faire entendre dans le concert des nations du monde, et que son destin n’est pas, comme le « politiquement correct »voudrait nous le faire croire, de s’abîmer dans l’Empire euro atlantique.

Songeons aussi qu’il est question d’intégrer la Turquie à l’Union Européenne en 2012, contre toutes les données de la géographie et de l’histoire, dans le seul but de complaire à la géostratégie  américaine qui sacrifie les données civilisationnelles de notre continent à ses propres intérêts économiques et politiques.En prélude à cette forfaiture, les rédacteurs du traité constitutionnel ont rayé du préambule, sur les exigences des représentants d’Erdogan, et contre la demande expresse du Pape, toute allusion aux racines chrétiennes de l’Europe, sous prétexte qu’elle ne devait pas être un club chrétien. Outre les effets d’une telle mesure sur l’islamisation croissante de notre continent, on peut imaginer les conséquences désastreuses que produirait, sur nos sociétés touchées par le chômage, la ruée probable des paysans non qualifiés, venant en masse d’une Anatolie sous-développée, quand aucune réglementation ne s’y opposerait plus. Or 2012 sera l’année du 600e anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc : Dieu permettra-t-il qu’un tel scandale arrive ?

Mais les miracles n’arrivent pas sans que leurs bénéficiaires, à défaut d’œuvrer dans le sens désiré, au moins implorent le Ciel pour qu’ils se produisent.

Il nous faut prier, agir afin que Dieu, par l’intercession de Sainte Jeanne d’Arc, rende à la France et sa souveraineté et sa dignité de fille aînée de l’Eglise.
C’est le sens de notre présence ici aujourd’hui.

L’allocution finale était  œuvre de notre frère de cœur et d’armes Perceval, du Groupe de Liaison Royaliste - Les Manants du Roi :


Chers amis,

À cette époque aussi incertaine de la vie politique de notre pays, il en est encore, comme nous, qui venons saluer l’héroïne de notre patrie.
Non, par une espèce de fidélité folklorique teintée de nostalgie, du genre : « c’était le bon temps ». Mais au contraire pour venir puiser dans l’exemple d’une geste épique le courage de poursuivre notre combat pour la monarchie. Car enfin rappelez-vous....

Ils n’étaient pas nombreux les fidèles qui entouraient le petit roi de Bourges en ce temps-là. Tandis que lui-même doutait de sa destinée royale.

La France était occupée aux trois quarts et le quart restant était prêt à se vendre au plus offrant.

Le parti Bourguignon constituait le politiquement correct de cette époque. Il exprimait ce qu’il était raisonnable de penser. Les élites d’alors se voulaient réalistes, et a y regarder de près, peu nombreux étaient ceux qui auraient parié une livre tournois sur le gentil Dauphin.

Ça brûlait un peu partout et pas seulement dans les banlieues. Certains cherchaient à profiter du désordre pour consolider leurs avantages particuliers.
L’intérêt national ne trouvait pas beaucoup de défenseur en cette trouble période de notre histoire.

N’avez-vous pas remarqué que quand l’état déserte ses fonctions régaliennes, le peuple, et particulièrement les plus exposés de ceux qui le composent, perd toutes protections.

Tandis que les oligarques inventent un nouveau sport, aux risques calculés, très prisé dans certains milieux, le saut en parachute doré.

Mais quelle était la mystérieuse mission dévolue à Jeanne d’Arc par ses voix ?
D’abord, bouter l’Anglais hors de France, car on ne fait pas de révolution, fut-elle Nationale en pays occupé. Puis, et là était l’essentiel : sacrer le Roi à Reims.

Jeanne d’Arc est venue providentiellement rappeler aux Français et au monde entier que la France est avant tout un Royaume.

C’est cette certitude, chers amis, qui doit nous animer, nous les royalistes aujourd'hui réunis au pied de la statue de la pucelle d’Orléans.

La France est un royaume façonné par trois lignées de rois. Qui ont su, tout en limitant avec sagesse ses horizons terrestres, lui donner un rayonnement exceptionnel dans le monde entier.

La France est un royaume qui a toujours su résister aux appétits des Empires.

La France est un royaume qui savait placer la main de Justice au-dessus des factions. L’indépendance de la justice étant garantie par l’indépendance de l’état.

La France est un royaume dont la vie ne s’est pas arrêtée en 1789.

Quels que soient les oripeaux dont elle a été couverte, la France demeure un royaume.

Jeanne n’en doutait pas en 1429, pourquoi en douterions-nous en 2007.

Chers amis, l’Histoire, et plus particulièrement l’Histoire de France nous réserve de temps en temps de fameuses surprises. Ce royaume de France, nous y vivons, nous l’aimons et nous voudrions que les Français mesurent l’honneur  et la grâce qui leur sont faits d’habiter cette terre.

Nous venons de vivre une campagne présidentielle de plus. Les Français se sont passionnés pour cette campagne, comme si le bulletin de vote de chacun d’eux était déterminant.

Comment se fait-il que dans ce pays, jusque-là très dépolitisé se manifeste un tel engouement pour la nomination du plus haut personnage de l’état.

Permettez- moi d’y voir une espèce de fantasme qui habite nos compatriotes. C’est peut-être à cause de la constitution de la Veme, mais on rêve dans ce royaume de France de voir à la tête de l’état quelqu’un d’indépendant capable de rassembler tous les Français.

C'est du reste bien ce qu’il nous a dit Monsieur Sarkozy : « Je serai le président de tous les Français ! ».

Il y a là une sorte de quête royale qui ne veut pas dire son nom.

Mais attendons un petit peu, il vient juste de rentrer de vacances notre nouveau président.

Attendez que reprenne la campagne des législatives, et les Français les plus lucides se réveilleront très vite.

Ils seront sommés de constituer une majorité présidentielle. Guerres rancunes et partis seront de retour.

Patatras, ce n’était pas le Roi.

La France est un royaume qui attend son roi. Et il nous appartient à nous, et je me tourne vers les jeunes ici présents : Il vous appartient à vous d’aller chercher le gentil Dauphin et de le sacrer à Reims.

Puisque je m’adresse aux jeunes, je tiens à vous dire autre chose : bravo pour votre campagne contre la matrice Républicaine. Ne croyez pas que c’était un coup d'épée dans l’eau. Plus vous agirez ainsi, ensemble, convaincus, généreux, désintéressés, plus vous accumulerez une force dont vous ne soupçonnez pas la nature. Restez purs dans vos intentions, nourrissez un amour immodéré pour la France et vous participerez  activement au retour de la monarchie.

Croyez vous que Jeanne n’était pas atteinte par le découragement  quand Baudricourt  l’envoyait promener ?

Il lui en a fallu de la ténacité, c’est à l’usure qu’elle l’a eu.

Baudricourt, chers amis, mais c’est le peuple de France, capable du pire comme du meilleur. C’est lui que vous devez investir. C’est d’abord devant lui que vous devez être crédible. C’est par votre entêtement, par votre insistance, par vos campagnes sans cesse répétées qu’il finira par vous conduire vers le Dauphin, ce prince qui vient, mais qui attend que la France face appel  à lui.

Comment croyez vous que vos aînés, les camelots du roi ont obtenu que soit, célébrée comme fête nationale, une journée comme celle-ci ?

Il en aura fallu des manifestations et des affrontements avec la police. 10 000 jours de prison pour avoir le droit en France d’honorer notre héroïne.

La figure de Jeanne est magnifique, et elle est bien plus qu’un symbole.

Avec Jeanne, nous sommes dans le réel.

Elle a réellement fait ce qu’on a dit qu'elle a fait.

Vous êtes tenu de tout prendre et pas seulement  ce qui vous plaît.

Pas seulement ce qui vous arrangerait intellectuellement. Autrement dit votre combat doit être total, pour le roi et sans haine.

Qui combat pour le roi, combat pour la justice.

La victoire ne viendra pas de vous, de nous, mais nous y auront oeuvré chacun à sa mesure. C'est bien là l’essentiel.

« Les hommes d’armes batailleront et Dieu donnera la victoire !!! »

Alors mes chers amis, je vous invite à batailler. À batailler ferme
Vive Jeanne notre sainte Patronne
Vive la France
Vive le Roi

Et les gerbes  de l’Action Française et des Etudiants de l’Action Française étaient déposées au pied de la belle statue équestre.

Les gerbes présentes tôt matin apportées ?

« Les Amis de Jeanne d’Arc », « Le Sénat », « L’Union Nationale des parachutistes », « UNC Viroflay », « Le Préfet de la Région Ile-de-France », « Préfet de Paris », « Le Préfet de Police », « Ministre délégué aux Anciens combattants », « L’Assemblée  nationale », « Le Maire de Paris », « La Restauration Nationale », « AVP et Meusiens ».

Une gerbe du futur président de la République ? Une gerbe de la candidate « Royal » ?

Nous avons attentivement  cherché partout. Même sous les sabots du fier destrier de Jeanne. Rien !

Mais Jeanne souriait à ses enfants fidèles sous le soleil revenu.


Oui, nous avons à batailler ferme…

Et « la Royale » une fois chantée, c’est sereinement que nous nous sommes tous serrés les coudes à près d’une centaine  pour un déjeuner d’amitié.

2007 ? La génération Jeanne d’Arc est prête !

Un grand merci à tous nos amis et à Grégoire Dubost pour les photos.

Portemont, le 13 mai 2007



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