En vue du bien commun…

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Elever et anoblir la personne humaine. Que valent des lois qui reflètent les modes et les idées du moment ? Une grande allocution du pape François qui, en peu de mots, rappelle l'essentiel. Son auditoire ? Quarante cinq élus français, dont une dizaine de la région Rhône-Alpes étaient reçus au Vatican...

 

Le Groupe d'amitié France-Saint-Siège du Sénat et le Groupe d'études à vocation internationale (75 membres), ainsi que le GEVI-Saint-Siège de l'Assemblée nationale (64 membres) avaient exprimé le souhaiter de rencontrer le pape Benoit XVI en juin 2012, soit près de 7 mois avant sa renonciation...

Son successeur a jugé bon de ne pas faire languir nos élus qui ont été quelque peu pris de court !

Dixit Charles Revet, sénateur de Seine-Maritime : « Nous aurions pu être le double»... Qu'importe le nombre. Une France, qui n'est pas la France présidentielle autant que méprisable – souvenez-vous du «nous ne présentons pas de candidat» lancé par le président français Hollande lors du conclave – souhaitait vivement rencontrer le pape. Le pape François a répondu avec diligence à ce souhait...
Oui, qu'importe le nombre. Ce qui a été dit par le Saint Père peut être entendu par tous, élus et autres...

 

Monsieur le Président, chers Parlementaires,

Faisant suite à votre demande, je suis heureux de vous recevoir ce matin, membres du Sénat et de l'Assemblée nationale de la République française. Au-delà des différentes sensibilités politiques que vous représentez, votre présence manifeste la qualité des relations entre votre pays et le Saint-Siège.
Cette rencontre est pour moi l'occasion de souligner les relations de confiance qui existent généralement en France entre les responsables de la vie publique et ceux de l'Église catholique, que ce soit au niveau national ou au niveau régional ou local. Le principe de laïcité qui gouverne les relations entre l'État français et les différentes confessions religieuses ne doit pas signifier en soi une hostilité à la réalité religieuse, ou une exclusion des religions du champ social et des débats qui l'animent. On peut se féliciter que la société française redécouvre des propositions faites par l'Église, entre autres, qui offrent une certaine vision de la personne et de sa dignité en vue du bien commun. L'Église désire ainsi apporter sa contribution spécifique sur des questions profondes qui engagent une vision plus complète de la personne et de son destin, de la société et de son destin. Cette contribution ne se situe pas uniquement dans le domaine anthropologique ou sociétal, mais aussi dans les domaines politique, économique et culturel.

En tant qu'élus d'une Nation vers laquelle les yeux du monde se tournent souvent, il est de votre devoir, je crois, de contribuer de manière efficace et continue à l'amélioration de la vie de vos concitoyens que vous connaissez particulièrement à travers les innombrables contacts locaux que vous cultivez et qui vous rendent sensibles à leurs vraies nécessités. Votre tâche est certes technique et juridique, consistant à proposer des lois, à les amender ou même à les abroger. Il vous est aussi nécessaire de leur insuffler un supplément, un esprit, une âme dirais-je, qui ne reflète pas uniquement les modes et les idées du moment, mais qui leur apporte l'indispensable qualité qui élève et anoblit la personne humaine.

Je vous formule donc mes encouragements les plus chaleureux pour continuer dans votre noble mission, cherchant toujours le bien de la personne en promouvant la fraternité dans votre beau pays.

Dieu vous bénisse"

Et comme il se doit, toutes les oreilles ne sont pas égales !
Pour le député socialiste, Thomas Thévenoud, qui était du voyage : « Le Pape n'a absolument pas demandé l'abrogation de la loi sur le mariage pour tous »

Pour Philippe Gosselin, député UMP, présent, confirmant « factuellement » ce que dit son collègue Thomas Thévenoud , de préciser « La loi sur le mariage homo n'a été citée à aucun moment, en revanche, on peut y voir quelques allusions. Je pense que dans son propos il y avait une référence implicite à l'actualité. Mais pas de manière explicite. »

Une allocution du pape qui suffit à titiller les consciences sociales et vertes, toujours réactives...

Le porte-parole du Parti socialiste, David Assouline « Et si le Pape respectait notre République laïque, ses valeurs et lois, autant que notre laïcité respecte les croyances de chacun. »

« Le Pape voudrait que les parlementaires français modifient les lois selon l'Eglise catholique ! Il a été élu par qui celui-là ???? » Dixit l'écolo de service Denis Baupin...

Rien de neuf donc. Pas de plus sourd que celui qui ne veut pas entendre...

Quant à ceux qui ont entendu, puissent-ils le clamer haut et fort !

Portemont